Il est temps de parler des romans de Jane et de participer plus activement au fameux challenge initié par Fashion. En apprenant la diffusion de l'adaptation BBC sur Arte (début mars), je me suis décidée à lire l'œuvre originale. J'avais dans la tête de me plonger dans l'univers de Jane et le fait qu'une partie de la blogosphère soit aussi de la partie, m'a stimulée puisque j'ai lu deux autres livres, depuis et ne compte pas m'arrêter en si bon chemin !

Quatrième de couverture :
Injustement privées de leur héritage, Elinor et Marianne Dashwood sont contraintes de quitter le Sussex pour le Devonshire, où elles sont rapidement acceptées par la bourgeoisie locale étriquée et à l'hypocrisie feutrée.
L'aînée, Elinor, a dû renoncer à un amour qui semblait partagé, tandis que Marianne s'éprend bien vite du séduisant Willoughby. Si Elinor, qui représente la raison, dissimule ses peines de coeur, sa cadette étale son bonheur au grand jour, incapable de masquer ses sentiments. Jusqu'au jour où Willoughby disparaît...
Dans les romans austeniens, il est de coutume de chercher à se marier avec le meilleur parti, de rencontrer divers gentlemens (ah le colonel Brandon !) dont l'un s'avéra être l'homme de la vie d'une des héroines, les autres apportant tourments ou rires, au choix. Ajoutez un petit voyage à Londres ou en bord de mer, la campagne anglaise, de nombreux personnages qui s'occupent un peu trop des affaires des autres et beaucoup d'humour !

Il est difficile de trouver deux sœurs aux personnalités plus différentes ! Elinor représente la raison, elle se montre sage, posée et réfléchie quand Marianne se laissant guider par ses sentiments, se révèle plus passionnée, plus entière et même plus excessive. Fort heureusement, les femmes de la famille Dashwood s'entendent bien et se soutiennent, ce qui s'avère utile quand les deux jeunes femmes sont confrontées aux tourments d'un premier amour ...
A l'époque, la condition de la femme est très limitée. Il est nécessaire de se faire un bon mariage, on pourrait donc croire que les sentiments absents alors qu'un simple mot ou un sourire engendrent maintes questions et suppositions ! Si Marianne manque de mourir d'amour ou presque, j'ai ressenti beaucoup de tendresse pour Elinor. Car ce n'est pas parce qu'elle se montre moins exaltée qu'elle n'est pas moins amoureuse ! Les sentiments de Marianne m'ont fait penser à l'adolescence, à cette période de notre vie où tout a de l'importance, où nos avis sont tranchés et j'ai vraiment eu l'impression que leur mère permettait ces épanchements de la part de la cadette alors que son aînée se doit de montrer l'exemple. Ce n'est là qu'une opinion très personnelle !
Du joli cottage dans la campagne anglaise à Londres, Jane propose une galerie de personnages savoureux, le moindre trait de caractère étant croqué avec soin. Avec un regard que l'on pense naturellement juste, l'auteur dresse le portait de cette bourgeoisie haute en couleurs. Elle utilise la juste dose d'ironie et sa plume fait des merveilles, on ne s'ennuie pas un instant !

A travers ces deux manières d'aimer, on suit avec plaisir le cheminement amoureux de nos deux héroïnes vers l'amour !
