09/04/2014

Est-ce qu'on sait tout de l'autre quand on aime les mêmes livres?

Oh, une relecture !

 

Vous connaissez le refrain "so many books, so little time" mais en le voyant là, posé sur les étagères de la bibliothèque, j'ai eu l'envie subite de retrouver les pages d'Un homme à distance de Katherine Pancol. Aussitôt emprunté, aussitôt relu dans la journée.

katherine pancol,un homme à distance

Un homme à distance est un (trop court) roman épistolaire qui nous livre la correspondance entre Kay, librairie de son état à Fécamp et Jonathan Shields, un mystérieux client, passé en son absence qui a laissé une commande et de l'argent pour régler celles à venir. Si les premiers échanges concernent les livres, ils deviennent rapidement plus ouverts et plus personels aussi et chacun expose son quotidien et petites anecdotes. C'est là que l'on se délecte de la vie de Kay, au milieu des livres, au bord de la mer et des falaises, entre ses clients et fidèles amis. Se dessine le portrait d'une femme passionnée qui semble s'être réfugiée ici après une histoire trop douloureuse pour elle. De l'autre côté, Jonathan se fait écho de ces détails, en attrape chaque miette et les lettres en appelant d'autres, il devient évident qu'il se joue plus entre nos personnages, que de simples conseils de lecture.

Si ce roman commence par la douceur d'un jour d'été à la plage, il se termine sur un jour de tempête où les vagues viennent s'écraser contre la falaise.

Le dénouement me laisse toujours toute chose.

Bouleversée et émue.

 

Merci Katherine.

 

 

Maintenant, j'ai aussi envie de relire 84, Charing Cross Road d'Helen Hanff .

 

Un homme à distance de Katherine Pancol, Le livre de poche (2002)

10:10 Écrit par Shopgirl | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : katherine pancol, un homme à distance

26/03/2014

La sirène de Camilla Läckberg (Actes Sud)

Sixième opus de la série de romans suédois mettant en scène les personnages d’Erica Falck et son mari, Patrik Hedström , La sirène nous plonge de nouveau dans une intrigue où le passé tient une place importante. Erica et Patrik devront dénouer un à un les fils de la pelote pour découvrir l’origine du mal qui secoue, une fois de plus la petite ville de Fjällbacka.

LaSirène70.jpgUn homme a disparu et malgré les recherches effectuées par Patrik et son équipe, impossible de savoir ce qu’est devenu Magnus.  Trois mois plus tard, son corps est retrouvé figé dans la glace par un promeneur. Dans un premier temps, rien ne semble relier cette affaire aux mystérieuses lettres de menaces que reçoit le bibliothécaire, Christian Thydell. Pourtant, Erica qui a aidé son ami à écrire son premier roman, ne peut se résoudre à ignorer le danger qui rôde. Déterminée à comprendre ce qui se passe et disposant de temps libre devant elle, pendant sa grossesse, elle décide, une fois de plus de mener son enquête. Sans forcément en avertir Patrik qui est loin d’apprécier les recherches de sa femme …

" ...Camilla Läckberg reprend avec bonheur tous les ingrédients qui font le charme et le succès de ses livres." (extrait de la quatrième couverture)

Forte de sa recette déjà présente dans les précédents romans, Läckberg use de l'aternance entre le présent et le passé avec le point de vue du meurtrier pour créer son petit effet dramatique. Le petit port de de pêche; calme et serein, voit ressurgir un secret bien caché que devront découvrir Patrik et Erica pour résoudre l’enquête en cours. Cette dernière, fidèle à son habitude, ne peut s’empêcher de se mêler aux investigations de son mari, quitte à se montrer un peu agaçante. Patrik est particulièrement patient et on peut se demander si son personnage ne perd pas un peu en crédibilité  à laisser sa femme fouiller de la sorte. Cependant, le commissariat de Tanumshede ne peut que le remercier de tenir la boutique pendant les siestes de Melberg qui est devenu si grotesque qu’il vaut mieux oublier son existence.  Les pistes sont nombreuses, elles s’entremêlent pour mieux embrouiller le lecteur qui , lorsqu’il pense tenir la clé de l’énigme, se voit proposer un nouvel élément qui vient tout remettre en cause.  Entre deux, la grossesse d’Erica prend de la place à l’image de l’héroïne qui attend des jumeaux et on peut penser que si cette partie a amusé l’auteure, elle-même jeune maman, elle pourra déplaire à certains.

" Ses fidèles lecteurs découvriront son roman le plus abouti à ce jour " ( extrait de la quatrième de couverture, suite).

C'est là que je ne suis pas d'accord. Si le suspense est bien dosé, l'intrigue se suit avec plaisir mais sans ressentir l'excitation que procure un bon thriller. Néanmoins, le dénouement se révèle surprenant. puisqu'il a le mérite de proposer une fin dramatique qui laisse nos personnages préférés, en bien mauvaise posture, évènement inédit jusqu'ici.

Un conseil, faites comme moi et précipitez-vous sur sa suite, Le gardien de phare, bien meilleure.

 

La sirène de Camilla Lâckberg, traduit par Lena Grumbach, chez Actes Sud (2008 - paru en 2012 en France)

24/03/2014

Happy 36th

Hier, j'ai fêté mon anniversaire.

Et s'il y a bien une chose que je veux retenir de l'année passée, c'est que je suis plus forte que je ne le pense. J'ai vécu des situations difficiles, des moments très tristes avec la maladie de ma grand-mère ou d'autres, très angoissants, liés à mon agoraphobie en me confrontant à divers exercices que j'évitais alors soigneusement, depuis longtemps.

Et j'ai tout affronté.

Je ne me suis pas écroulée.

J'ai eu de la peine, j'ai eu peur, j'ai eu des doutes, j'ai été en colère. J'ai eu envie de tout envoyer valser. 

Au pied de la montagne, il y a des jours où je n'ai pas pu.

Mais j'y suis toujours retournée, j'ai pris mon courage sous le bras et fait taire mes pensées négatives. J'ai cherché la motivation, le petit truc encourageant qui fait se lever le matin. J'ai appris à accepter d'être en difficulté pour mieux avancer.

J'ai découvert que j'étais capable de beaucoup, je me suis étonnée. Comme ce samedi.

Alors si le chemin est encore long, s'il me faut encore relever les manches, je prends le temps de savourer cet instant délicieux où je me sens bien, à ma place. Je me complimente, je me souris, je me dis "ma grande, tu as réussi".

La suite ? On verra bien. Chaque chose en son temps.

18:46 Écrit par Shopgirl dans Carnet de bord, Ce qui me touche, | Lien permanent | Commentaires (13)

17/03/2014

Jeux d'hiver de Rachel Johnson

Si Rachel Johnson est d’avantage connue pour son lien de parenté avec l’exubérant maire de Londres, Boris Johnson, elle a tout de même réussi à s’imposer dans nos librairies avec des romans de chick lit légers, Le diable vit à Notting Hill et Le diable vit à la campagne, qui critiquent la société aisée de Londres (pour le premier) et son train de vie. J’étais donc curieuse de découvrir ce Jeux d’hiver qui se retourne sur ce passé pas si lointain où les familles anglaises n’hésitaient pas à afficher des liens forts avec des cousins allemands qui voyaient alors Hitler arrivé au pouvoir …

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Lorsque son père lui apprend qu’elle va poursuivre ses études en Allemagne, Daphne Linden est ravie de pouvoir échapper à l’ambiance familiale devenue pesante depuis la mort de son jeune frère et l’infidélité de son père. Accompagnée par sa meilleure amie, Betsy, elle entend bien profiter des charmes bavarois et des garçons qu’il lui sont si difficiles d’approcher .

Présente dans les Alpes bavaroises au moment de l’ouverture des Jeux d’hiver de Munich, Daphne voit ses sentiments se mêler à l’Histoire lorsqu’elle rencontre deux cousins, le blond Siegmond issu des jeunesses hitlériennes et le brun Otto, étudiant en médecine dont elle va tomber amoureuse.

Bien peu consciente de la politique qui l’entoure et ignorante des choses de la vie, Daphne va être confrontée à des évènements douloureux qui vont changer son regard sur le monde.

Cette partie du roman est passionnante, nous découvrons en même temps que Daphne, l’ambiance et les mentalités de l’époque, le fait qu’Hitler puisse même inspirer la bonne société anglaise. Cette fascination est glaçante pour le lecteur mais reconstitue très bien, à mons avis, cette période trouble. Entre sorties à l’opéra et les questionnements propres à la découverte de la vie amoureuse, le style est sobre et juste.

Alternant avec les passages concernant la jeunesse de Daphne, l’intrigue voit sa petite-fille, Francie, ambitieuse journaliste, de passage en Allemange, suivre les traces de sa grand-mère, s’interroger sur ce passé mystérieux, caché jusqu’ici et c’est malheureusement là que le bas blesse. Sa démarche semble arriver bien tard, alors que Daphne se meure dans une maison de retraite de luxe, dans le centre de la capitale. Francie est guidée par son désir de faire un article du séjour de son aïeule pour gagner des points auprès d’un patron dont elle est ridiculeusement amoureuse.  Il est regrettable que la partie de Frannie tombe dans des clichés qui empêchent de s’attacher au personnage et de rentrer réellement dans le livre. Le dénouement se permet d’ailleurs un étrange parallèle entre les deux femmes et je m’interroge sur le fait de vous recommander ou pas ce livre qui , au final, semble s’être éloigné un peu trop de son idée de départ .

 

A noter qu'il s'agit d'une lecture devenue commune via instagram avec Marie, vous pouvez retrouver son avis, ici, sur son nouveau blog.

 

 

Jeux d'hiver de Rachel Johnson (2012), le livre de poche.

Jeux d'hiver de Rachel Johnson

16:44 Écrit par Shopgirl | Lien permanent | Commentaires (0)